La laveuse incompréhensible de Pierre-Luc nous a servi aujourd’hui. Ici, les machines à laver sont différentes de nos modèles nord-américains, en plus d’être en allemand. Nous avons réussi à trouver comment ça fonctionnait et avons réussi à faire une petite brassée. Pendant qu’Ani s’occupait de surveiller le lavage (au cas où quelque chose cesserait de fonctionner), je suis allé faire quelques courses. J’ai acheté de quoi souper les prochains jours, pour pas cher du tout.

Ensuite, pendant qu’Ani tentait de trouver des endroits pour étendre le linge pour qu’il sèche (dessus de porte, dossier de chaise, rebord de fenêtre), je suis allé me faire couper les cheveux. J’ai trouvé un salon de coiffure où les coupes de cheveux pour hommes sont à 8,50Euro (12$CAN). En passant, un salon de coiffure en allemand, ça s’appelle un “Friseur”. Comme le coin où nous habitons présentement est très turc, la madame qui m’a coupé les cheveux était turc elle aussi. L’allemand n’était donc pas la langue maternelle ni pour elle, ni pour moi. C’est pas facile à expliquer ce que je veux comme coupe dans ce temps-là!

Elle s’en est tout de même bien tiré. Je n’ai pas besoin de mettre de casquette. Il est arrivé un petit accident comique pendant qu’elle me coupait les cheveux. Elle donnait des coups de peigne, donnait deux-trois coups de ciseaux, un autre coup de peigne, trois coups de ciseaux, encore une coup de peigne... Outch! Le peigne s’est coincé dans mon piercing dans le sourcil gauche! La coiffeuse a presque crier! Elle l’a doucement dégagé, comme s’il s’agissait d’une grave erreur chirurgicale. Ça m’a même pas fait mal! La madame était plus traumatisée que moi! Elle s’est excusée environ cent-cinquante-treize fois. J’ai trouvé ça drôle!

Durant l’après-midi nous sommes allés voir des expositions. D’abord, nous sommes allés à la galerie d’une banque où des oeuvres sur Berlin depuis 1945 étaient exposées. L’entrée coûtait 3Euro. Il y avait un mélange d’oeuvres intéressantes et d’oeuvres bien ordinaires. Ani était toutefois bien contente de voir du bon matériel. Ça fait du bien! Par contre, il y avait encore trop de tableaux de type décoration-sans-message-ni-profondeur. Je vois trop souvent des oeuvres où je ne vois rien d’artistique là-dedans. Tant qu’à peindre quelque chose de réaliste, de rendre fidèlement un paysage, pourquoi “l’artiste” prend pas une photo? Ça prendrait moins de temps, moins de peinture et ça éviterait de me faire suer parce que je viens de payer pour voir une peinture qui n’a rien d’artistique. Et dire que lui est dans une grande galerie... Je trouve que c’est une honte pour ce qui s’appelle “l’Art”.

Hier soir, Ani voulait aller à un vernissage, mais à cause de notre rendez-vous avec Claudie, nous n’avons pas pu. Alors, nous sommes allés voir l’expo aujourd’hui. Une chance que nous sommes pas allés au vernissage! C’est une petite exposition dans un endroit où on vend des cadres. Les toiles sont des abstraits avec très peu de recherche. Ça avait l’air de travaux d’étudiants. Le pire c’est que l’artiste vendait ses oeuvres au moins 2000Euro chacune! Je vais déménager à Berlin et je vais m’improviser artiste moi aussi alors! Ça pas l’air d’être un pré-requis d’avoir une formation et du talent, et ça l’air d’être payant! Pourquoi ne déménagerions nous pas tous à Berlin et faire une belle vie d’artiste nous aussi? Beurrer des dizaines de toiles n’importe comment pendant les quelques premiers jours de l’années et vivre en vendant nos patentes le reste de l’année. Wow!...

La troisième exposition que nous sommes allés voir avait enfin quelques choses d’intéressant. L’artiste peint avec un style réaliste, mais ses compositions et ses fragmentations de sujets sur plusieurs toiles rend ses oeuvres beaucoup plus poussées. On sent le résultat d’une recherche et d’une expérimentation ainsi qu’une bonne dose d’interprétation artistique. Il ne manquerait à cette artiste qu’un peu de constance dans son travail, toutes ses oeuvres n’ayant pas nécessairement quelques choses qui les unis. Good! Il y a de l’espoir.

Pour souper, nous avons manger de la pizza congelée pas cher (environ 3.75$CAN). Le four de Pierre-Luc n’est pas au gaz comme celui que nous avions il y a deux ans. Ça a été super facile de se faire à souper.

Il fallait maintenant régler un problème. L’hôtel où nous avions l’intention d’aller à Paris la semaine prochaine est complet. Il faut s’en trouver un autre. J’ai donc fait une douzaine d’appels en France pour trouver un hôtel qui lui restait une chambre pour deux, avec la douche et la toilette privée (et non sur l’étage). C’est pas facile. Le meilleur endroit que nous avons trouvé ne prend toutefois pas les réservations téléphoniques et nous devrons donc réserver par Internet, avec une carte de crédit. C’est ben compliqué se trouver un hôtel par ici! ouf!

Nous étions Vendredi soir, et nous voulions sortir! Ma première idée était de se rendre au “Tresor”, un club Techno assez reconnu. Nous y étions allés il y a deux ans, mais pas assez longtemps. Je voulais retourner sur cette piste de danse située dans le coffre-fort au sous-sol d’une ancienne banque... Malheureusement, ce club a fermé il y a un an! Zut!

Ma deuxième idée était donc de retourner au Casino, un très grand club avec une très grande piste de danse. Nous avions bien aimé notre soirée quand nous y étions allés. Malheureusement, ce club aussi est maintenant fermé...

Ani a donc trouvé un club dans le journal “Tip” (l’équivalent du Voir montréalais). Sur la pub, le SternRadio indique que les portes ouvrent à 23h. Nous savons toutefois que les clubs par ici ouvrent très tard, alors nous sommes donc arrivés à minuit... et ce n’était pas encore ouvert! Nous avons vu du monde qui attendait et d’autres s’en aller, après avoir parlé avec le doorman. Probablement que nous en avions pour demi-heure encore à attendre, et il faisait pas mal froid.

Ani avait un plan B. Elle avait trouvé un autre club qui l’intéressait dans le Tip. Nous sommes donc allés prendre le S-Bahn pour s’y rendre. Le train a pris pas mal de temps avant d’arriver, et Ani commençait à être tanné d’attendre. Il faisait froid, il était tard, on était frustré de pas encore être en quelque part. Il fallait en plus faire un transfert à un U-Bahn, ce qui impliquait encore un temps d’attente, sans compter qu’une fois descendus à la bonne station, il fallait encore que nous trouvions ce club.

Durant le trajet de S-Bahn, je voyais bien que Ani n’était pas contente. Je lui ai donc dit: “Si tu préfères, nous pouvons descendre à la prochaine station et retourner à la maison”. Elle est donc descendu à la prochaine station. J’ai vraiment cru qu’elle voulait s’en retourner... mais c’était plutôt une petite erreur. Elle croyait que c’était la station qu’il fallait descendre pour notre correspondance avec le U-Bahn. Moi, j’étais tellement certain qu’elle abandonnait que j’ai jamais pensé lui dire que c’était pas la bonne station.

Ani voulait bel et bien toujours sortir, et nous avons donc dû remonter dans le S-Bahn pour faire les deux stations qui nous séparaient de notre correspondance. Petit problème, le train ne fit qu’une station et tout le monde dut descendre. Et là, une annonce dans les hauts-parleurs de la gare dit quelque chose du genre “le prochain train est en retard, merci de votre patience”. Encore attendre! Nous sommes sûrement près de notre destination. Peut-être est-il possible de s’y rendre en marchant, on même avec un autobus ou un tramway. Il ne fallait que trouver une carte.

Nous avons fait le tour de la gare. Pendant ce temps, les minutes passaient. Nous n’avons pas trouvé de carte. Rien. De retour sur le quai du S-Bahn, nous avons vu qu’il y avait encore plein de monde qui attendait. Normalement, il y a un train au 6-7 minutes à cette heure, mais là, il y avait près d’une demi-heure de retard. C’est pas drôle. Tant pis. On retourne à la maison.

Peu importe qu’on retourne chez nous ou non, il fallait tout de même attendre le foutu S-Bahn. Dire que la veille, Claudie avait un peu ri du métro de Montréal et avait louangé l’efficacité du réseau de transport de Berlin. Drôle de coïncidence!

Nous avons finalement pris le train, et ensuite fait un transfert à un U-Bahn pour se rendre chez nous. Durant le trajet, il y avait deux Français saouls qui nous ont offert de boire un verre avec eux. Ils étaient crottés, ils postillonnaient toutes sortes de mottons à chaque phrase qu’ils disaient, et j’espérais qu’ils ne décident pas de devenir de grands amis avec leurs cousins québécois...

Sur la rue menant à l’appart, il y a une boulangerie turc ouverte 24h. Nous avons acheté des petits trucs sucrés pour nous remonter le moral. Ani a pris des baklavas et moi un éclair au chocolat. Même si nous ne sommes pas sortis, nous nous sommes couchés à 2h30 du matin. Une soirée perdue!